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Les situations d’alerte détaillées - Fiche numéro 4 : les paroles graves de l’enfant

 

Les paroles de l’enfant qui expriment une violence subie (sexuelle, physique, psychologique).

Ces témoignages peuvent vous être faits directement, ou rapportés par un enfant qui en est dépositaire.




Comme la fugue ou la disparition, il s’agit d’une situation grave. Sa particularité tient à ce que l’enfant a choisi de se confier. La situation met en tension deux sentiments : le besoin de protéger et le besoin de savoir pour agir, tension qui participe au mal-être et complique votre action. De plus, les paroles de l’enfant peuvent vous être intolérables et rendre votre tâche encore plus compliquée.

Le plus important est qu’il compte sur vous.

Ecoutez-le, regardez-le, restez vous-même, soyez présent et attentif à la fois à ce qu’il vous dit avec ses mots, mais aussi à tout ce qu’il exprime autrement que par la parole.
Ne l’interrogez pas. Quand il se tait, reprenez simplement ses dernières paroles comme un écho, il continuera à parler s’il le souhaite. Sinon il s’arrêtera, ce sera suffisant pour lui. Respectez cela.

Si l’enfant s’est confié à un autre enfant, vous pouvez lui demander de vous répéter son récit ou de vous confirmer ce qui vous est raconté (de préférence seul ou en présence du confident selon les situations).

Recueillez sa parole le plus fidèlement possible, telle qu’il l’exprime, sans chercher à la reformuler. Ne le questionnez pas sur les faits ou les auteurs et gardez-vous de bannissez toute remarque ambiguë du type « Es-tu vraiment sûr de me dire la vérité…, j’ai du mal à croire…, c’est pas possible cette histoire… »

Que ce soit vrai ou faux, réel ou irréel, l’enfant appelle à l’aide et il faut répondre à ce besoin. Il ne vous revient pas d’apporter la preuve de la véracité ou de la sincérité de son témoignage.

Témoignez-lui votre empathie, rassurez-le dites-lui que « c’est un enfant, qu’il n’est pas responsable de ce qui lui arrive » et expliquez ce que vous allez faire. Si vous ne savez pas ou si vous êtes envahi par des émotions, n’hésitez pas à lui dire « que vous allez demander de l’aide car vous ne savez pas comment l’aider ». Mais dites-lui toujours la vérité.

Parfois l’enfant vous demandera de « garder le secret », mais vous avez l’obligation d’informer les adultes qui sont en mesure de le protéger. Rassurez-le, car il aura des craintes.

La protection de l’enfant prime sur toute autre considération, vous devez agir au plus vite. Si les violences se produisent pendant le séjour, il faut garantir la victime et les autres mineurs de tout contact avec l’agresseur, adulte ou enfant.
Ce dernier (et non pas la victime) doit être isolé au plus vite. Le plus souvent les chambres d’isolement attenant au local d’infirmerie présentent les garanties requises.

Si les conditions matérielles de déroulement du séjour rendent difficile cet isolement, contactez au plus vite la DDCSPP ou la CRIPS.

La marche à suivre : appeler de toute urgence


la CRIPS 65 : n° vert 0800 119 065
ou 05 62 56 51 31 ou 05 62 56 74 72

La coordonnatrice (ou son remplaçant) recueillera les informations que vous a communiquées l’enfant et les renseignements nécessaires à l’intervention qui peut-être judiciaire directement.

la DDCSPP 65 –service JSVA

Mme Rozé ou Mme Foucault-Picart – Tél : 05 62 46 42 21 ou 05 62 46 42 33

(sinon laisser un message au secrétariat des accueils de mineurs 05 62 46 42 35)

pour faire le point de la situation au sein du séjour et évaluer les mesures à mettre en place au sein du séjour, en direction des mineurs, de l’équipe d’encadrement, etc…

IMPORTANT : cette situation est la seule pour laquelle l’information des responsables légaux du mineur est conditionnée à la désignation de l’auteur des faits. Si elle va à l’encontre des intérêts de l’enfant ou de l’enquête, les responsables ne doivent pas être informés.